Médicoordination - Objectifs PDF Print E-mail
Written by Administrator   
But principal de MediCoordination

Comme nous l’avons vu, les structures organisationnelles en santé sont très complexes et naturellement distribuées. Les patients de la Suisse entière utilisent les services de centres médicaux hétérogènes, principalement à leur domicile, mais aussi lors de déplacements à court ou long termes, dans le pays ou à l’étranger. La grande mobilité des citoyens requiert un accès à l’information médicale, quelque soit le lieu. De plus, en raison de cette mobilité, les acteurs médicaux doivent chaque fois plus interagir entre eux afin d’échanger des informations médicales.

A terme, le challenge de cette situation est l’accès du patient et de ses prestataires à son dossier médical, indépendamment du lieu. Or, la situation actuelle et à venir du dossier médical informatisé n’est pas idéale pour ce but. En effet, beaucoup de systèmes différents coexistent dans les différents centres de santé: certaines solutions de dossiers électroniques ont été développées par les hôpitaux eux-mêmes (solutions ad-hoc), d’autres par des entreprises spécialisées. Certaines se basent sur des standards existants, d’autres sur des formats propres des données. Nous partons du fait que cela ne va pas changer dans le futur : les systèmes des acteurs de la santé ne vont pas adopter le même format, simplement parce que des investissements importants ont déjà été réalisés, et parce que les décideurs restent au niveau cantonal.

Il existe donc un besoin nécessaire de définir des mécanismes pour rendre ces systèmes de santé interopérables. Il s’agit justement là du but principal de MediCoordination : non pas définir de nouveaux standards, mais proposer des solutions informatiques pour rendre les différents systèmes de santé de dossiers de patient interopérables.

Non seulement la Confédération considère cela comme une priorité, mais la Commission Européenne a également reconnu ce besoin urgent en définissant, dans sa toute récente stratégie du 23 octobre 2007 pour la santé européenne [CEC07], l’implémentation de solution d’interopérabilité pour la eSanté comme l’une des principales actions à entreprendre. Dans l’objectif 3 (supporting dynamic health systems and new technologies), cette action est décrite ainsi :

 

A l’intérieur d’un même hôpital, beaucoup d’échanges se font de manière électronique. Le problème principal reste malgré tout à intégrer les différents systèmes en interne. D’ici quelques années, on peut espérer que ce travail sera terminé. D’un autre côté, le pourcentage actuel des cabinets médicaux qui utilisent une solution informatisée pour les données de leurs patients est encore très minoritaire. On peut attendre que la situation change à moyen terme, notamment avec la pression sur les coûts de la santé. Par contre, l’un des problèmes majeurs est et sera l’interopérabilité entre les hôpitaux et les acteurs médicaux externes tels que les cabinets. Medicoordination veut se concentrer uniquement sur cette interopérabilité (voir Figure 3).

Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image.

Figure 3: Le projet MediCoordination se concentre sur l’interaction entre hôpitaux et acteurs externes


En effet, actuellement, l’échange d’informations entre acteurs médicaux se fait avant tout par un support papier (par exemple par une lettre de sortie). Ainsi, des coûts importants sont engendrés, parce que les acteurs médicaux doivent souvent refaire des anamnèses et des analyses. Très fréquemment par exemple, des radiographies seront réalisées en double en un laps de temps très court. Il existe donc la nécessité de réduire les coûts en transmettant des informations digitales sur l’état d’un patient.

La tendance actuelle est la définition de résumés de dossiers électroniques de patient, et non de dossiers complets, ce qui serait trop complexe dans l’état de l’art de la technologie eSanté. L’information enregistrée est encodée avec une terminologie médicale spécifique comme SNOMED [Sp97]. Différents efforts ont défini des structures de dossiers de manière indépendante, donnant lieu à de nombreux standards. Il existe également quelques initiatives supranationales telles que HL7.

Résumé : Le but du projet MediCoordination est de proposer des solutions concrètes à l’échange de résumés de dossiers de patients entre les hôpitaux et les acteurs métiers de la santé (cabinets de médecin, homes médicalisés, infirmières des services de soins à domicile, etc.). Cet échange correspond à un réel besoin médical et financier demandé par nos partenaires du secteur médical (voir lettres d’intérêt jointes au projet). Le début de notre travail se basera donc sur les standards en vigueur.



Problématiques de recherche

Pour établir un système interopérable, il existe deux principales problématiques de recherche à résoudre : l’urbanisation des systèmes d’information, et l’interopérabilité. Nous explicitons ces deux aspects ci-après.

Dans l’urbanisation des systèmes d’information, notamment à l’aide du paradigme orienté-service [Pa07] [Sin05], on agit de manière similaire à un urbaniste qui doit réorganiser une ville et ses différentes sous-organisations, tout en sachant sauvegarder ce qui existe. Appliqué aux systèmes d’organisations, on peut différencier plusieurs problématiques à résoudre :

  • Définir une architecture des flux d’informations ;
  • Etablir un mécanisme d’authentification des partenaires ;
  • Réaliser un logging et offrir la possibilité d’audit des flux de données ;
  • Rendre les transactions sures et confidentielles.
 

Pour réaliser l’urbanisation des systèmes d’informations, la technologie de choix semble être les architectures orientées services.

Le deuxième volet de recherche concerne le cœur de l’interopérabilité en elle-même. Pour cela, il faudra trouver des mécanismes qui permettent :

  • Le mapping d’identifiants de patients, en partant du fait qu’on pourra avoir différents types et sources d’identifiants ;
  • Le mapping de différents standards et formats ad hoc de données de patient, pour ainsi dire le cœur du projet.
 

Pour réaliser cette interopérabilité, la technologie de choix semble être le l’interopérabilité sémantique.

Sécurité et protection des données

La sécurité et la protection des données seront directement prises en compte dans les requis du projet (voir WP2B). Nous prévoyons pour cela les mesures suivantes :

  • nous allons faire une analyse détaillée des normes légales sur la confidentialité et la protection des données afin de les intégrer dans nos descriptifs de requis ;
  • nous allons suivre (et éventuellement participer aux discussions sur) les travaux juridiques de la stratégie eSanté afin de les intégrer ;
  • nous chargeons l’un de nos partenaires comme responsable de ces aspects, au début du projet dans la définition des requis, ainsi qu’à la fin du projet dans l’évaluation des solutions proposées.

Technologies mises en place

Nous décrivons ci-après les technologies que nous pensons mettre en place dans notre projet.

L’introduction des standard de services Web est en train de changer radicalement les architecture d’entreprises enarchitectures dites orientées services. En effet, cette nouvelle technologie permet beaucoup plus facilement de procéder à des intégrations d’application entre les entreprises [Al04]. L’avantage provient de l’extension des plateformes middleware par des protocoles Web standards. En effet, les middlewares sont considérés comme les plateformes logicielles qui permettent de lier ensemble des applications distribuées sur différents sites, en y intégrant des capacités puissantes telles que la gestion des transactions, la persistance, le load balancing, permettant ainsi de réduire fortement les temps de développement et de maintenance. Les services Web ont étendu ces fonctionnalités pour que les middlewares s’appliquent non seulement à l’intérieur des entreprises, mais également entre les entreprises (Business to Business).

Les éléments clés des services Web sont triples. Tout d’abord, la philosophie de l’orienté-services définit tout comme étant un service, donc expose certaines opérations internes à un système comme services atteignable depuis l’extérieur (il va s’en dire qu’on entend des services qui peuvent être appelés uniquement pas des programmes). Cela permet ensuite à des applications d’être plus indépendante les unes des autres (ce qu’on appelle loosely-coupleness en anglais), ce qui est un énorme avantage en termes d’ingénierie logicielle. Enfin, les principaux leaders de l’industrie ont défini des standards tels que SOAP, basé sur XML et HTTP, permettant ainsi de réduire l’hétérogénéité des systèmes et des protocoles.

L’interopérabilité sémantique est la capacité de partager de l’information entre systèmes, de manière à ce qu’elle soit comprise à l’aide de concepts, et devienne traitable automatiquement par un système récepteur. Cela peut se réaliser en utilisant le Web sémantique.

Afin de rendre les données compréhensibles entre les machines et non seulement parmi les hommes, le Web sémantique ajoute de la sémantique au Web [Be01], c.à.d. augmente le World Wide Web par de la connaissance afin de rendre les données compréhensibles entre différents agents logiciels. L’idée clé, c’est que le Web est une immense base de données. Le Web sémantique se réalise alors en définissant ce que l’on appelle des ontologies (sorte de thésaurus), qui utilisent des URIs pour leur identification, et des langages tels qu’XML pour leur syntaxe. Une ontologie peut être considérée comme une spécification d’une conceptualisation, ou, en d’autres termes, comme un ensemble de concepts d’un domaine (terminologies) et des relations entre eux. La caractéristique du Web sémantique est sa modélisation de données, sa logique sous-jacente et son système d’inférence. L’engagement du World Wide Web Consortium d’améliorer, d’étendre et de standardiser le système en fait un moyen stratégique pour le développement futur de logiciels qui ont besoin de connaissances.

Après une première phase de développement de technologies telles que le langage d’ontologies OWL ou le langage de requêtes SparQL, le Web sémantique est maintenant prêt à être utilisé. Beaucoup de projets de développements sont en effet nés dans divers secteurs, également dans la eSanté. Les outils qui en permettent l’exploitation et le déploiement sont déjà nombreux. En résumé, le Web sémantique nous semble être une technologie de choix pour traiter l’intéropérabilité.

Last Updated ( Monday, 04 May 2009 12:40 )
 

Dernières nouvelles